Comment garder la tête froide à l’approche du concours ?

Garder sa motivation durant une année de préparation au concours

Passer un concours : une montagne à gravir en plusieurs mois

Préparer un concours ne se fait pas en un jour. Il s’agit d’un engagement quotidien sur plusieurs mois. Durant cette année de préparation, on parle beaucoup de la rigueur intellectuelle à acquérir pour réussir, au point d’oublier parfois qu’un candidat n’est pas un simple esprit désincarné flottant dans le monde céleste des idées !…

Préparer un concours, ce n’est donc pas seulement emmagasiner un maximum de connaissance en un minimum de temps, mais c’est aussi et surtout :

  • s’imposer un nouveau rythme de vie ;
  • apprendre à concilier ce nouveau rythme avec celui de sa vie personnelle, familiale et parfois même professionnelle ;
  • naviguer à vue dans un nouvel environnement de travail et pour les reconversions, retourner sur les bancs de l’école qu’on a peut-être quitté depuis longtemps ;
  • être en compétition permanente pour un nombre de places précis ;
  • composer en permanence avec l’incertitude de réussir le concours.

 

Autant de facteurs qui peuvent susciter du stress, de la fatigue et de l’anxiété. Résultat : nos émotions fluctuent comme la météo au fil des mois, des semaines, voire des jours.

Parfois on y croit, parfois on doute ; parfois on a de l’énergie, parfois un sentiment de lassitude perdure. Puis ces petites phrases se mettent à résonner dans la tête : « ce n’est peut-être pas pour moi » ; « je n’y arriverai pas » ; « je suis nul » — le nuage noir s’installe, la météo émotionnelle ne fluctue plus et, dans le pire des cas, c’est le décrochage suivi de l’abandon.

Mais si vous lisez ces lignes, c’est que vous avez encore assez d’énergie pour redresser la barre et tenir sur la longueur !

La motivation n’est pas un état stable : elle fluctue

Que les doutes viennent, que la météo émotionnelle fluctue et que le moral ne soit pas au beau fixe 24h/24h, c’est tout à fait normal. Tâchons ici de comprendre comment surviennent ces périodes de découragement. Mieux les identifier vous permettra d’apprendre à écouter votre corps et votre esprit car les baisses de régime sont de précieux indicateurs à prendre en considération. Souvent il est préférable de reculer pour mieux sauter ! 

Les principaux phénomènes qui accentuent la démotivation

Comprendre les mécanismes qui conduisent à la démotivation permet non seulement de les anticiper, mais surtout de mettre en place des stratégies simples et efficaces pour ne pas se tourmenter quand le moral décline. Le but n’est pas d’être un automate toujours enthousiaste, mais bien un candidat conscient de ses limites, soucieux de son bien-être, qui recherche l’équilibre dans la modération des efforts et des moyens pour réussir à son rythme, tout en évitant la frustration causée par la recherche incessante de la meilleure performance.

L’impuissance apprise : quand l’effort semble inutile

L’impuissance apprise apparaît lorsque le candidat a le sentiment que ses efforts ne produisent aucun résultat visible. Malgré les heures de révision, les notes de devoirs restent moyennes et les corrections soulignent toujours les mêmes lacunes. Progressivement, l’idée s’installe : « Quoi que je fasse, ça ne sert à rien ». Cette croyance conduit à un désengagement progressif avec pour ultime conséquence la résignation. Voilà pourquoi il est crucial en cas de mauvaise note de ne jamais rester sur une impression mais de toujours chercher à comprendre l’origine de ses lacunes.

👉 Au lieu de jugement péremptoire « Je ne comprends rien », adoptez une approche réflexive « Comment puis-je mieux comprendre tel exercice ? ». 

De même, plutôt que de voir la note comme un reflet fidèle de vos capacités, considérez-la comme un simple indicateur de votre degré de compréhension de l’épreuve. Si celle-ci est mauvaise, il faut analyser votre copie afin de décomposer les difficultés. Faites-vous une synthèse des différents points à retravailler progressivement et n’hésitez pas si les critiques de votre correcteur sont trop vagues à lui demander de les préciser et de vous indiquer des moyens pragmatiques de progresser. 

👉 L’échec est une affaire d’interprétation. Pour éviter d’être la victime de vos impressions, soyez acteur de vos décisions en adaptant vos objectifs d’apprentissage à vos difficultés.

L’effet Golem : le poids des attentes négatives qui pèsent sur nos épaules

Le poids des préjugés

L’effet Golem est un biais cognitif qui relève de la prophétie autoréalisatrice négative : « le concours est trop difficile », « je n’ai pas le niveau » ou « je n’ai pas fait les bonnes études ». À force d’émettre des doutes ou d’entendre son entourage faire écho à vos doutes, vos capacités de travail sont influencées. Résultat : vous vous conformez à l’idée négative que vous vous faites et votre motivation se réduit à mesure que le cercle vicieux se renforce. Le doute vous empêche de prendre des risques et des initiatives et ses effets les plus délétères peuvent conduire à l’auto-sabotage par peur de l’échec.

Quels remèdes ?

👉 L‘optimisme et la ténacité face à l’échec. L’erreur est le meilleur des apprentissages. 

👉 En décomposant votre progression en une succession d’objectifs d’apprentissage atteignables qui seront autant d’étapes nécessaires pour avancer vers des objectifs de plus en plus ambitieux.

👉 La rigueur s’acquiert par la régularité et la régularité s’acquiert par la patience.  

👉 L’importance d’un entourage positif qui vous permet de relâcher la pression, en vous écoutant et vous encourageant dans les moments plus difficiles afin de vous épauler à chaque obstacle.

Le F.O.M.O. ou la peur de manquer de ressources

Le Fear Of Missing Out (peur de rater quelque chose) est très fréquent dans la préparation aux concours. Blogs, vidéos, podcasts, manuels, formations en ligne : l’offre est immense. Beaucoup de candidats s’éparpillent, passant d’une ressource à l’autre, sans approfondir réellement. Cette dispersion crée une impression de travail constant, mais ces connaissances restent superficielles et risquent d’alimenter frustration et perte de motivation, surtout lorsque vient le moment de passer à la pratique.

Le syndrome de l’archiviste

Souvent la peur de manquer se combine à un autre phénomène : ce que nous avons baptisé malicieusement « le syndrome de l’archiviste ». Celui-ci concerne l’obsession des candidats à vouloir tout ficher. 

Compiler des fiches intégralement rédigées est rassurant car on travaille dur pour y parvenir mais si on regarde le rendement temps passé / quantité de connaissances mémorisées, on se rend vite compte que nos efforts sont mal payés !

Pour que les fiches soient efficaces, il faut qu’elles servent exclusivement de synthèse avec des titres et des sous-titres brefs comprenant seulement des concepts résumés en une poignée de mots clefs.

Ainsi, vous saurez tout de suite en relisant votre fiche quelle connaissance est acquise et quelle connaissance ne l’est pas dès lors que vous n’êtes plus capable de restituer une connaissance avec votre seule mémoire. C’est toute la différence par rapport aux fiches qui résument tout : si vous lisez des fiches intégralement rédigées, comment distinguerez-vous ce qui est maîtrisé de ce qui ne l’est pas ?…

Vous doutez de vos capacités à maîtriser pareilles fiches ? Vous pensez : « Ma mémoire ne sera pas suffisante pour restituer toutes les connaissances résumées en mot clefs » ? Ne seriez-vous pas en train de succomber à l’impuissance apprise ? 

Alors rappelez-vous pour jauger votre performance à toujours préférer les jugements basés sur les faits plutôt que ceux basés sur les impressions : votre mémoire n’est pas défectueuse (impression), vous manquez seulement d’entraînement (factuel).

À retenir pour chasser le syndrome de l’archiviste

👉 Le moins vos fiches seront rédigées, le plus vous serez actif pour restituer la connaissance, le mieux vous mémoriserez. 

👉 Une fiche rédigée par mot clefs est un entraînement qui vous force à recomposer. Et si vous n’arrivez pas à recomposer la connaissance, consultez directement la source sans perdre de temps à recopier son contenu. 

👉 Attention qu’une connaissance fichée n’est pas une connaissance maîtrisée. La connaissance est maîtrisée lorsque vous savez l’expliquer de mémoire puis la mettre en pratique dans un exercice.

👉  Apprendre, c’est mémoriser pour mieux restituer puis restituer pour mieux mémoriser, et on recommence régulièrement le cycle pour bien ancrer les connaissances dans la mémoire à long terme.  

Le syndrome de l’imposteur : le manque de confiance en soi

Celui-ci, nous ne l’avons pas inventé ! C’est même plutôt un classique du genre puisque tout le monde a déjà expérimenté au moins une fois dans sa vie le doute de ne pas être à la hauteur : il s’agit d’attribuer sa réussite à la chance et les difficultés à une prétendue incompétence personnelle (encore un de ces jugements basés sur l’impression).

Ce doute permanent érode la confiance en soi, empêche de reconnaître ses progrès et rend chaque difficulté plus lourde à porter. À terme, il devient difficile de se projeter positivement dans la réussite.

Quel remède ? La méthode Kaizen !

Les jugements catégoriques sur soi-même se combattent avec des faits : comparez vos anciennes et nouvelles copies ; définissez vos objectifs selon une difficulté croissante ; partagez vos doutes avec d’autres camarades pour relativiser vos ressentis et découvrir que le doute est partagé et qu’il n’est pas un signe d’incompétence.

👉 Quantifier l’effort en se donnant des objectifs graduels : les petites réussites rendent les progrès visibles ! C’est la stratégie des petits pas, dite méthode Kaizen, qui consiste à avancer progressivement pour surmonter la difficulté progressivement selon une logique d’amélioration continue qui donne sens au progrès. Dans la vie comme dans l’apprentissage, il faut avoir un but et des petites victoires pour y parvenir, pas à pas. 

💡 L’apprentissage de la grammaire illustre bien l’intérêt à progresser étape par étape pour acquérir une bonne maîtrise. 

Le perfectionnisme : un faux allié dans la préparation d’un concours

Le perfectionnisme est souvent perçu comme une qualité. Pourtant, dans la préparation d’un concours, il devient un véritable frein. Le célèbre adage « le mieux est l’ennemi du bien » résume bien le problème : chercher à produire un travail parfait empêche souvent d’avancer efficacement.

D’un point de vue cognitif, le perfectionnisme focalise l’attention sur le résultat final plutôt que sur le processus d’apprentissage. Or, les sciences de l’éducation montrent que l’apprentissage est un cheminement progressif, fondé sur des étapes successives. Par exemple, vouloir réussir parfaitement dès le départ une dissertation, alors que la méthodologie n’est pas encore maîtrisée, conduit à une mauvaise gestion du temps et de l’effort : on passe une semaine sur son devoir, au détriment de l’acquisition des bases indispensables.

De nouveau, la méthode Kaizen comme antidote

Plutôt que viser une copie parfaite, on vise un objectif précis et atteignable : pour la dissertation, vous pouvez améliorer une introduction, puis revoir votre organisation du brouillon, travailler ensuite la construction du plan et enfin étoffer vos exemples pour renforcer vos arguments dans le développement.

💡Retrouvez la méthodologie de la dissertation, ainsi que celle du commentaire stylistique pour décomposer les différentes étapes afin de maîtriser progressivement l’exercice.

Travailler par petits objectifs intermédiaires est moins frustrant, moins chronophage et plus gratifiant. L’effort à court terme nourrit ainsi l’effort à long terme selon un cycle vertueux d’accroissement perpétuel des connaissances.

Le perfectionnisme empêche aussi de voir l’erreur comme un indice d’apprentissage. En psychologie cognitive, l’erreur est pourtant un signal précieux : elle indique notre degré de maîtrise et permet d’ajuster ses connaissances aux différents cas pratique. Quand elle est répétée, l’erreur signale qu’un point n’a pas été compris et qu’il faut y revenir avant d’aller plus loin. Attendre seulement des résultats sans erreur empêche de reconnaître ce mécanisme essentiel de progression.

👉 L’erreur est un enseignement à part entière.

👉 Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises erreurs : toutes les erreurs sont bonnes, dès lors qu’on les considère pleinement. Prendre le temps de les comprendre pour les résoudre permet d’aller plus loin dans son apprentissage. 

L’impression d’avoir un trou noir à la place du cerveau

Difficultés à se concentrer ? Impression de ne plus rien savoir ? Sensation de ne plus pouvoir mémoriser de nouvelles connaissances ? Le stress combiné à la fatigue peuvent accentuer cette sensation désagréable de ne plus savoir apprendre. Et plus la date de l’examen approche, plus la sensation se renforce, plus le doute s’installe… Pas de panique, cette sensation liée à l’anxiété est tout à fait banale.

Et si vous étiez tout simplement… dans le rouge !

Prenez le temps de considérer cette sensation pour ce qu’elle est vraiment : un indicateur de votre niveau de fatigue. 

Il est peut-être temps de faire une courte pause dans la journée ou de s’aérer l’esprit à fond avec une journée complète de repos. N’oubliez pas que le bien-être est fondamental durant une année de concours. On a vite tendance à oublier que notre esprit est porté avant tout par… des jambes ! 

👉 Prendre le temps de ménager son corps permet de conforter son esprit.  

👉 Exercez-vous régulièrement pour dissiper cette impression de ne rien savoir : un exercice, c’est du factuel ! 

Besoin de vous entraîner sur la dissertation ? Retrouvez tous nos sujets avec corrigé détaillés.

La peur de l’échec

La peur de l’échec vous paralyse au point d’empêcher toute prise d’initiative. Si vous lisez ces lignes et que vous avez validé votre inscription au CAPES de Lettres ou au CRPE, c’est que vous avez déjà dépassée cette peur pour aller de l’avant ! 

Dans la vie, toutes les réussites sont des échecs qui ont raté.

Faites de la grammaire un atout pour vos examens

J’accède gratuitement au premier module de grammaire