Budget 2026 : pourquoi la crise budgétaire menace la réforme des concours CRPE & CAPES à bac +3 ?

Synthèse de la situation : mise à jour le 05/02/2026

La France ayant adopté un budget depuis lundi 02/02/2026, la réforme des concours de l’enseignement est maintenue

Les épreuves écrites pour les concours CAPES et CRPE à bac +3  auront lieu aux dates initialement fixées

  • CAPES de Lettres modernes à bac +3 :
    • épreuve 1 — 24/03/2026 de 9h00 à 14h00
    • épreuve 2 — 25/03/2026 de 9h00 à 14h00.
  • CRPE à bac +3 :
    • épreuve de mathématiques & de français — 01/04/2026 de 13h00 à 17h00.
    • épreuve écrite au choix — 02/04/2026 de 09h00 à 13h00.

La situation en décembre 2025

En cette fin d’année 2025, la France se trouve dans une situation rare : l’acte juridique qui prévoit et autorise le budget de l’État, dit Projet de Loi de Finances, n’a pas été adopté avant le 31 décembre pour l’année 2026. Faute d’accord entre l’Assemblée nationale et le Sénat, la procédure constitutionnelle habituelle n’a pas pu aboutir, contraignant le gouvernement à recourir à une loi spéciale pour assurer la continuité du financement de l’État à partir du 1er janvier 2026.

Ce projet de loi spéciale a été présenté et adopté en Conseil des ministres le 22 décembre. Il a été soumis à l’Assemblée nationale le mardi 23 décembre, puis au Sénat qui l’a également adopté, dans le cadre de la navette parlementaire. 

La loi spéciale est une procédure exceptionnelle prévue par l’article 47 de la Constitution et par la loi organique relative aux lois de finances : en l’absence de loi de finances votée, elle permet de reconduire de manière limitée et provisoire les crédits publics pour maintenir les services publics essentiels. Mais, par construction, elle ne permet pas d’adopter de nouvelles dépenses ou mesures.

Cette limite de la loi spéciale pose problème pour la mise en œuvre de la réforme de la formation des enseignants, qui était censée entrer en vigueur pour la session 2026.

La réforme des concours de l’enseignement nouvellement accessibles à bac +3

Le gouvernement avait lancé une réforme ambitieuse du recrutement et de la formation des enseignants, pour les concours du CRPE (premier degré) et des différents CAPES & CAFEP externes (second degré) accessibles dès la fin de la licence (bac + 3). 

Concrètement, la session 2026 devait être la première à organiser ces concours accessibles à « bac + 3 » avec une phase de transition dans laquelle coexisteraient les anciens concours à bac + 5 et les nouveaux concours à bac +3

Le budget associé à cette réforme n’est pas négligeable : il prévoyait notamment la création de près de 7 900 postes d’enseignants stagiaires rémunérés à l’occasion de cette transformation structurelle

Loi spéciale et incertitude : pourquoi la réforme est en suspens ?

Le cœur du problème est simple : tant que le budget 2026 n’est pas voté, les mesures nouvelles — dont l’organisation des concours à bac + 3 — ne peuvent pas être effectivement financées ni légalement programmées. Une loi spéciale qui reconduit simplement les crédits de 2025 ne permet pas d’intégrer ces nouvelles dépenses ou créations de postes. 

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, l’affirmait lui-même le 18/12/2025 sur France 2  dans l’émission des 4V : « Le concours en fin de licence est nouveau (…). Donc si je n’ai pas de budget, si on n’a pas de PLF (projet de loi de finances) 2026 qui est adopté, pour l’instant je ne sais pas organiser ce concours » (voir dans la vidéo ci-dessous à 1 minute 56 secondes).

Quelles conséquences pour les concours CRPE & CAPES 2026 à bac +3 et bac +5 ?

Selon un article du Monde publié le 23/12/2025 : « Si, avec cette loi, les concours à bac + 5 peuvent se tenir dans les mêmes conditions que la session précédente, il n’en est pas de même pour les nouveaux concours à bac + 3, pour lesquels 88 000 candidats sont inscrits. »

Pour l’instant, aucune décision officielle n’a été prise concernant l’avenir des concours à bac +3 qui dépendent entièrement d’un budget spécifique.

Sans loi de finances adoptée, il devient juridiquement difficile d’organiser ce concours dans les délais ; les arrêtés ministériels nécessaires à la fixation des postes, des disciplines et des épreuves ne peuvent être publiés tant que le budget n’est pas voté.

Risque de gel ou de report ?

Dans les milieux professionnels et syndicaux comme sur certains forums d’enseignants, on parle ouvertement d’un gel temporaire ou d’un report des concours à bac + 3 tant que la situation budgétaire n’est pas clarifiée, notamment parce que la loi spéciale ne peut pas activer de nouveaux crédits budgétaires.

Néanmoins, rien n’est encore décidé : aucune communication officielle n’a été faite concernant l’organisation de la session 2026.  

Vers une reprise du processus budgétaire ?

Le gouvernement a annoncé que les discussions budgétaires reprendront dès janvier 2026 au Parlement car la loi spéciale ne remplace pas le budget. L’objectif de cette loi est d’organiser une situation provisoire en attendant  l’adoption de la loi de finances en 2026

Toutefois, tant que ces débats n’aboutissent pas à une loi de finances adoptée, et en l’absence d’accord sur les mesures nouvelles, le cadre budgétaire restera celui de 2025, avec toutes les limitations que cela implique. 

Si un texte de financement adapté est finalement voté — soit sous forme de loi de finances révisée, soit par inclusion de mesures nouvelles — la réforme pourrait être dégelée et mise en œuvre avec les ajustements nécessaires. 

À l’inverse, une incapacité prolongée à se mettre d’accord entraînerait une désorganisation progressive des calendriers des concours et pourrait obliger à un report plus généralisé des évolutions prévues.

L’annulation des concours +3 reste un scénario peu probable dans la mesure où il s’agit d’une priorité du gouvernement pour répondre à d’importants besoins au niveau national du recrutement des enseignants. 

Le plus probable reste que les concours seront maintenus avec de possibles ajustements de calendrier en raison du retard pris. Un compromis peut être trouvé, comme ce fut le cas pour le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) adopté le 16 décembre 2025.

Même si la situation actuelle rajoute au stress que peut provoquer la préparation au concours, nous vous encourageons à poursuivre à fond vos révisions en préservant votre motivation 💪

Retrouvez ci-dessous le déroulé détaillé point par point de la situation.

Le déroulé détaillé point par point

  • 13 janvier 2026 : reprise des discussions parlementaires pour parvenir à voter un budget avant le 23 janvier.
  • 15 janvier 2026 : comme les débats parlementaires n’avancent pas, le Premier ministre annule les séances de débat du vendredi 16/01 et lundi 19/01, reconnaissant l’impossibilité d’adopter un budget par le vote. 2 solutions sont envisagées pour débloquer la situation : le recours à l’article 49.3 de la Constitution ou le recours aux ordonnances :
    • le recours au 49.3 expose le gouvernement a un risque qu’une mention de censure soit adoptée (à la majorité absolue des membres composant l’Assemblée nationale) et provoque la dissolution du gouvernement. Il n’y aurait alors ni budget voté, ni gouvernement
    • le recours aux ordonnances serait une première. Cette décision peut également conduire au dépôt d’une mention de censure avec la différence toutefois qu’une dissolution du gouvernement n’aurait pas d’impact sur le budget adopté par ordonnance. Néanmoins, le recours à l’ordonnance permet seulement d’appliquer le texte initial sans permettre de modification, empêchant du même coup tout compromis avec les partis politiques.
  • 19 janvier 2026 :  suite au Conseil des ministres à 16h00, le Premier ministre a annoncé l’usage de l’article du 49.3 pour débloquer la situation dès le 20/01 afin d’établir définitivement le budget 2026 mi-février.

Le Premier ministre a choisi cette option après des négociations avec le PS qui a accepté en retour de ne pas voter la motion de censure.

Le 49.3 sera utilisé à 3 reprises, ce qui signifie que le gouvernement sera exposé par 3 fois aux mentions de censure et au risque de la dissolution :

    • une première fois pour la partie « recettes » ;
    • une deuxième fois pour la partie « dépenses » ;
    • une troisième fois pour l’ensemble du texte, une fois de retour à l’Assemblée après son examen par le Sénat.

👉 Si le budget n’est pas censuré lors de ces trois étapes, alors le budget sera adopté.

  • 02 février 2026 :  le troisième et dernier 49.3 est passé, la France a un budget et la réforme de l’enseignement est maintenue

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